Saints et Bienheureux de chez nous

 

 

 

 

Les saints sont la véritable hiérarchie de l’Église. (…) Ils assurent à travers le temps la continuité d’une foi en la vigueur de l’Esprit, ils apportent au terroir des peuples, un sillage d’espérance, d’amour par la foi.

Mgr Defois, ancien évêque de Lille

 

 

SAINT AMAND

Son nom évoque la ville de Saint Amand les Eaux, dans le diocèse de de Cambrai. Il est pourtant patron de sept paroisses du diocèse de Lille. Né vers 584 en Vendée, il mourra vers 679, et sa vie fut pleine de péripéties. Très jeune il quitte sa famille pour vivre en solitaire et se rend à Tours pour un pèlerinage au tombeau de Saint Martin. Il s’installe à Tours quelques années, et y reçoit les premiers ordres. Il se dirige ensuite vers Bourges, afin d’y rencontrer l’Evêque Austregisille, qui va lui permettre de vivre en reclus dans les murs de la cathédrale : on l’emmure dans une cellule. Il y passera semble-t-il 15 ans. Il part ensuite en pèlerinage à Rome, et priant sur le tombeau de Saint Pierre, celui-ci lui apparaitra en rêve pour lui ordonner d’aller en Gaule. Sacré Evêque en 629, il sera chargé de l’évangélisation de tout le Nord de la Gaule. Il s’installe dans un lieu agreste, près de la Scarpe, où se développera plus tard la ville de Saint Amand les Eaux. Vers 646 il sera nommé Evêque de Maastricht, et démissionnera en 649 pour reprendre la route et évangéliser à travers l’Europe.

Fête : 7 février
À Marquette on essaie de faire revivre sa mémoire : le jour de sa fête, la messe est célébrée près de la statue de ce grand intercesseur.

 

 

SAINT CHRYSOLE

La tradition le fait venir d’Arménie. Chassé par la persécution, il fit vraisemblablement partie d’une équipe de missionnaires venus de Rome à la fin du 3ème siècle. Il se serait fixé à Comines et aurait été martyrisé à Verlinghem où une source porte son nom depuis des siècles.

Fête : 7 février
À Comines, où il créa une des premières communautés chrétiennes, une neuvaine à son intention a perduré longtemps, avec ce chant : « Saint Chrysole, ô vénéré Père, du séjour glorieux où tu règnes en paix, entends des Cominois ta fervente prière, et sur eux répands tes bienfaits… »

 

 

SAINT ELOI

Né en 588 à Chaptelat, près de Limoges, il démarre par être apprenti orfèvre. Très adroit de ses mains, il fit merveille dans le métier au point d’être envoyé à Paris. Nommé par Clotaire II (roi de l’époque) maître de la monnaie, il demeura auprès de lui jusqu’à la mort de celui-ci. Ordonné prêtre en 639 et choisi comme évêque de Noyon-Tournai en 641. Parcourant inlassablement son diocèse, il y fonda un certain nombre d’abbayes et s’attacha à modifier les habitudes encore païennes de son diocèse. Dans la tradition populaire, cet homme était considéré comme essentiellement bon, d’où la  chanson : « Le bon Saint Eloi lui dit : Ô mon roi… » Dès le lendemain de sa mort, en 660, il était vénéré comme un saint. 5 paroisses du diocèse sont sous son patronage, et de nombreuses corporations se réclament de lui, en particulier les maréchaux-ferrants.

Fête : 1er décembre
« Dans ton, amour, Seigneur, Tu as envoyé l’évêque saint Eloi pour qu’il soit parmi nous l’intendant de ta charité. Donne-nous de suivre son exemple en partageant joyeusement avec nos frères ce que nous avons reçu de ta bonté ».

 

 

 

St Eubert – St patron de la paroisse du centre ville de Lille qui regroupe l’église St Etienne, St Sauveur et St Maurice

SAINT EUBERT

Il préside, en vêtements épiscopaux, au trumeau du portail Sud de la cathédrale de Lille, et il est le patron de l’église de Vendeville. La tradition le fait demeurer à Lille au même moment que Saint Piat et saint Chrysole.

Fête : 1er février

 

 

BIENHEUREUSE EUGÉNIE SMET

C’est une fille de Lille, née le 25 mars 1825, et baptisée le jour même en l’église Saint-Etienne. Pensionnaire chez les Dames du Sacré-Cœur, sa piété est si forte qu’elle eut l’idée de devenir religieuse dans la congrégation fondée par Madeleine-Sophie Barat. Mais Dieu en décida autrement, et après avoir quitté le pensionnat, elle se livra pendant quelques années à des œuvres de charité nombreuses et variées dans sa paroisse. Eugénie se sent poussée par Dieu à fonder une communauté de femmes qui se consacrent aux âmes qui souffrent, aux défunts entrés en purgatoire. Arrivée à Paris en 1856, et après maintes difficultés, elle fonde l’institut des Auxiliatrices des âmes du Purgatoire avec la double finalité « d’aider à tout bien quel qu’il soit » et « d’aller des profondeurs du Purgatoire jusqu’aux dernières limites de la terre ». Les règles et constituions des Jésuites y sont exercées.
Elle orienta ses religieuses vers toutes les tâches qui pouvaient répondre aux besoins multiples des plus défavorisés. Les soins gratuits des pauvres à domicile constituent l’activité principale de l’institut naissant, auquel les laïcs sont, dès le départ, associés… Aujourd’hui, cette congrégation est présente dans de très nombreux pays. Le nom a été modifié : le complément « du purgatoire » a été supprimé, mais leur charisme reste le même, comme le stipule leur brochure : « Choisir la vie avec celles et ceux qui passent par des situations d’épreuve et de croissance ». Eugénie, qui reçut le nom de Mère Marie de la Providence, meurt à 46 ans d’un cancer qui la fit énormément souffrir. Elle fut béatifiée en 1957 par Pie XII.

Fête : 7 février
« Dieu dont l’amour est inlassable, Tu as suscité au cœur de la bienheureuse Marie une confiance absolue en la providence, accorde-nous, par son intercession de ne jamais douter de sa bonté paternelle ».

 

 

SAINT EVRARD

Né vers 805 et mort autour de 866, Evrard de Frioul est un personnage militaire, culturel et politique de l’empire carolingien. C’était un homme extrêmement pieux, de grande culture, et véritable humaniste. En 849 il fonde l’abbaye de Cysoing où il fit déposer les reliques du pape St Calixte. Vénéré à Cysoing.

Fête : 16 décembre
« Tu as donné, Seigneur, à Saint Evrard de demeurer doux et humble dans le gouvernement de ses frères comme dans les périls de la guerre ; Par son intercession, accorde-nous de rester fidèles à l’esprit de l’Evangile à travers les réussites et les échecs de notre vie ».

 

 

BIENHEUREUX FRÉDÉRIC JANSSONE

Né à Ghyvelde le 19 novembre 1838 dans une famille très croyante, où la vocation sacerdotale y était en grande estime. Son père était marguiller et président du conseil paroissial. À la mort de son père, en 1846, il quitte les études afin d’aider sa famille. Il travaille pendant sept ans comme commis-voyageur pour un négociant d’étoffes. Il passe quelques années à Estaires, va à la messe quotidiennement, et s’affilie au Tiers Ordre de St François. À la mort de sa mère en 1864, il se consacre à Dieu et part à Amiens pour accomplir son noviciat et être ordonné prêtre en 1870. Tour à tour aumônier militaire, supérieur d’un couvent à Bordeaux, puis chercheur à la bibliothèque nationale.
Ses supérieurs l’envoient ensuite en Terre Sainte, où il deviendra vicaire custodial à Jérusalem. Durant ces années, il se révèle bâtisseur d’églises, organisateur, diplomate, et surtout ardent défenseur de la paix. A partir de 1888, il s’installera au Canada où il enchaînera les prédications.
Missionnaire, il a créé au début du XXe siècle 1000 fraternités séculières dans toutes les paroisses du Canada. Soucieux de développer la dévotion à Marie, il fit construire entre autres le sanctuaire Notre Dame du Rosaire au Cap de la Madeleine. On compte beaucoup de miracles opérés par lui. « Le bon père Frédéric », comme tout le monde l’appelait, méritait bien son nom : d’une immense bonté, vêtu très pauvrement, il donnait tout ce qu’il avait et les gens le vénéraient. Mort en 1915, il fut canonisé par Jean Paul II en 1988. Sans être le titulaire de l’église de Ghyvelde, le bienheureux Frédéric Janssoone y est extrêmement vénéré, un oratoire lui est consacré.

Fête : 5 août
« Seigneur mon Dieu, tu as accordé au bienheureux Frédéric de suivre en Terre Sainte les traces de ton Fils, et de mieux faire connaître les mystères de sa vie. Accorde-nous, par son intercession, de vénérer ces mystères avec amour pour recevoir en abondance les fruits de la rédemption. »

 

 

SAINT FOLQUIN

Cousin germain de Charlemagne et nommé évêque de Thérouanne en 816. C’est le patron d’Esquelbecq, où il mourut en 855. On l’invoque essentiellement contre les fièvres et les maladies contagieuses.

Fête : 14 décembre
« Dieu a trouvé saint Folquin vigilant et dévoué au service de ses frères. Il l’a fait asseoir à sa table dans son Royaume ».

 

 

SAINT GÉRY

Célébré essentiellement dans le diocèse de Cambrai, puisqu’il en est le premier évêque, il est patron de 17 paroisses dans le département du nord. On connait l’année de sa mort : 625, et on sait qu’il est né à Ivois dans les Ardennes. Il est connu pour avoir réorganisé son diocèse et pour son intérêt bienveillant pour les prisonniers. Invoqué pour les mamans et les enfants.

Fête : 12 août
« Pasteur plein de tendresse, Tu as voulu que l’évêque St Géry soit attentif aux besoins matériels de ton peuple, tout en le nourrissant de ta Parole. Apprends-nous à travailler pareillement au service de nos frères en étant toujours plus disponibles à ton appel. »

 

 

SAINT GOHARD

C’est un allemand, né en 960 en Bavière. Il se fit moine en 990 et ordonné prêtre en 993, en l’abbaye d’Altach. Refusant d’être nommé Père Abbé, il quitta, de nuit, son monastère et devient « moine – pèlerin » sur les routes d’Europe. C’est ainsi qu’il arriva en Morinie, pour devenir curé d’Arnêke en 999. Il participa activement à l’évangélisation de la Flandre, au point d’être appelé « Apôtre de la Flandre ». En 1002, il regagna son abbaye d’Alatch en Bavière, dont il fut élu Père Abbé. Plus tard il devint évêque d’Hildeshaem, en Basse Saxe, où il se distingua comme bâtisseur : plus de 30 églises et monastères furent édifiés sous sa gouverne. Il fut canonisé en 1131 par le pape Innocent II. Un hôpital Saint Gohard fu fondé à Arnèke pour l’accueil des pauvres et des pèlerins de passage. Il est le patron d’Arnèke, même si l’église ne porte pas son nom : c’est saint Martin qui en est le titulaire. Un reliquaire contenant un os du saint se trouve dans la sacristie. On l’invoque contre les maladies inflammatoires et incurables.

Fête : 4 mai
Chaque année une neuvaine a lieu du 1er au 9 mai, toujours très suivie. On y récite des litanies qui se terminent par cette prière : « Dieu tout puissant, faites par l’intermédiaire de votre glorieux pasteur et évêque Gohard, que ceux qui prient devant son autel obtiennent la santé du corps, et que, délivrés de tout péché, ils parviennent à la joie éternelle. Par Notre Seigneur Jésus Christ. »

 

 

SAINT MÉDARD

Né vers 456, sans doute dans une noble famille picarde, à Salency, près de Noyon, et serait mort vers 560. Evêque de Noyon, puis de Tournai, il est surtout connu pour ses actes de bonté, sans autre précision sur sa vie réelle. D’après la légende, soucieux des danses printanières qui mettaient en péril la vertu de ses diocésaines, il aurait demandé à Dieu d’intervenir, et Dieu aurait répandu sur sa région de fortes et interminables pluies. D’où le proverbe : S’il pleut à la St Médard, il pleut pendant 40 jours. C’est le patron des agriculteurs. Dans le diocèse, un seul lieu lui voue un culte : Camphin en Carembault.

Fête : 8 juin

 

 

SAINT PAUL DENN

Né le 1er avril 1847 à Lille, il fut baptisé dans sa paroisse, Saint-Pierre Saint- Paul. Son père, qui était percepteur, mourut du choléra et sa mère dut élever seule ses cinq enfants. De tempérament impétueux, exubérant, il pensa très jeune aux missions : “Quand je serai grand, j’irai en Chine et je baptiserai les petits Chinois.” En attendant, pour gagner sa vie, il est employé de banque, tout en étant très engagé dans des Oeuvres de jeunesse, patronage ou association pieuse ; il en fonda même une, à vingt ans, avec quelques amis, pour les jeunes ouvriers et employés de Lille. En 1869, il renonce à tout salaire et entre à l’école apostolique des jésuites à Amiens. En 1872, novice de la Compagnie de Jésus à Amiens, il est envoyé en Chine du Nord, où il est enseignant dans un collège. Au moment du soulèvement des Boxers, persécuteurs, il était curé de Kou-tcheng où, malgré le danger, il voulut rester bravement et fidèlement au poste. Au pied de l’autel, dans l’église où les chrétiens s’étaient réfugiés, le Père Paul Denn et son compagnon le Père Mangin furent assassinés le 19 juillet 1900. L’église Saint-Pierre-Saint-Paul célèbre sa mémoire. Paul Denn et Léon Mangin ont été canonisés en 2000 par Jean Paul II.

Fête : 20 juillet

 

 

SAINT PIAT

La légende le montre assassiné, ramassant son crâne et le portant. C’est un des premiers évangélisateurs. Mort en 287, son tombeau se trouve à Seclin dans la crypte de la collégiale. On l’invoque surtout pour les fièvres.

Fête : 3 octobre
« Seigneur notre Dieu, c’est le Christ présent en lui qui donnait à Saint Piat le courage de souffrir pour lui ; quand nous t’offrons son sacrifice, mets en nous cette force divine pour nous garder inébranlables dans la foi. »

 

 

SAINT RÉMI ISORÉ

Né en 1852 à Bambecque. A 13 ans, il entre au collège, et fut un des premiers élèves du collège St François d’Assise, petit séminaire, nouvellement créé. En 1875, il entre au noviciat des Jésuites à Amiens. Bon, serviable, austère, il désirait ardemment le martyre, et fut envoyé en Chine. Comme Paul Denn, il fut victime de la persécution des Boxers. Il fut béatifié en 1955 par Pie XII. À Bambecque, son village natal, on conserve pieusement sa mémoire.

Fête : 20 juillet

 

 

SAINTE RICTRUDE

Née princesse en Périgord vers 614, elle épouse Adalbert 1er d’Ostrevent. Ils ont 4 enfants, tous vénérés comme des saints. Devenue veuve par l’assassinat de son mari en 646, elle se retire dans le monastère de Marchiennes pour y devenir moniale puis mère abbesse. Patronne de Ronchin.

Fête : 12 mai
« Ô sainte Rictrude, fille bien aimée de Dieu, nous rendons grâces au Seigneur pour les merveilles qu’il a faite en vous et par vous. Faites qu’à votre exemple, aidés par la grâce divine, nous renouvelons sans cesse en nous l’esprit d’une authentique vie chrétienne de foi, d’espérance et d’amour ».

 

 

SAINT VAAST

Patron de 22 églises dans notre diocèse. Sans doute est-il né dans une famille noble gallo-romaine. Il se sent appelé à devenir moine-ermite. Il vit retiré dans la région de Toul. Mais il vient en aide aux malades qui le sollicitent. Il apprend aussi à lire. C’est ainsi qu’il se retrouve appelé à une vie publique. Quand Clovis passe à Toul pour se rendre à Reims, on l’invite à rencontrer Vaast. Evêque d’Arras pendant plus de 40 ans, il avait la réputation de pouvoir arranger les choses. Sa mort se situe aux environs de l’an 540.

Fête : 6 février
On peut demander à Dieu son intercession avec l’oraison du jour : « Par l’ardeur apostolique de l’évêque saint Vaast, Tu as daigné, Seigneur, nous appeler à te connaître ; accorde-nous, par son intercession, de garder la foi qu’il sut transmettre, et de suivre le chemin qu’il a tracé ».

 

 

Source : « Pionniers de notre foi – Les saints patrons du diocèse de Lille » – de Chantal Colonge –
Bayard Service Edition