Les méditations du Père Bruno Mary

 

 

 

 

Dimanche 22 novembre 2020

Fête du Christ Roi de l’univers

 

 

 

Un jugement qui dérange puis rassure

L’évangile de ce dimanche du Christ Roi (Mt 25, 31-46) met en scène le Christ qui juge l’humanité. Le mot jugement peut nous déranger, surtout dans l’évangile : il est synonyme pour nous de condamnation et cela nous apparait en contradiction avec l’évangile qui nous révèle (le désir de Dieu de sauver tous les hommes et) sa miséricorde de Dieu. 

Mais regardons les critères du jugement du Christ : ‘j’avais faim et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;…’ Ces critères sont des critères d’humanité : des façons d’aimer l’humanité jusqu’au bout car c’est de l’humanité blessée dont il s’agit. 

Cela étonne les uns comme les autres : ‘quand est-ce que nous t’avons vu ?’ Comment Dieu peut-il être aussi proche de notre humanité sans perdre son identité divine ? Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ? Cela m’évoque le mystère de Noël que nous célébrerons dans un mois.

Aussi, ce jugement du Christ loin de condamner les hommes, révèle toute la portée de leurs actes d’humanité, de fraternité humaine. Il leur donne tout leur poids. Ces attitudes sont à l’image et à la ressemblance de Dieu qui veille sur chacun de nous et nous rejoint dans nos épreuves. Grâce à la mort et à la résurrection du Christ, ces actes ouvrent à la vie. On comprend dès lors la confiance des croyants en la justice de Dieu qui voit les hommes et leur environnement avec amour et vérité. D’ailleurs David, après avoir péché, préférera la justice divine à celle des hommes : ‘tombons entre les mains du Seigneur, car sa compassion est grande, mais que je ne tombe pas entre les mains des hommes.’ – 2 Sa 24, 14 –

C’est pourquoi je vous invite à confier votre cause au Seigneur. Il règne sur l’univers non pas à la manière de nos puissants mais tel un bon berger qui a le souci de toutes ses brebis à commencer par les plus faibles. ‘Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer’ – Ps 22 – Veillons avec lui.

Bonne fête de Ste Cécile ! Bonne fête aux musiciens et bon dimanche. 

P. Bruno Mary, curé de St Eubert

 

 

 


 

 

Archive méditation du dimanche 15 novembre 2020

 

Dieu nous fait confiance

 

‘J’ai eu peur’ dit le 3e serviteur de la parabole de ce dimanche. Cet aveu nous rejoint alors que ce deuxième confinement est différent et semble plus difficile que celui du printemps. C’est le deuxième…. Nous connaissons plus de personnes malades. Nous n’avons quasiment aucune visibilité : il est très difficile de se projeter… J’ai peur… Nous avons peur…

Et voici que la Parole de Dieu (Mt 25, 14-30) nous révèle Dieu qui fait confiance, qui nous fait confiance. Il le fait en confiant ses biens à ses serviteurs. Il s’agit de talents… Pour nous, un talent c’est une capacité, un don : telle personne est douée pour le bricolage, la musique, les études,… En fait le talent à l’époque de Jésus, est une monnaie et un talent représente une forte somme, la valeur de plus de 34 kgs d’or. Le maitre ne se moque pas de ses serviteurs : mais à chacun selon ses capacités. Dieu nous fait confiance : il ne nous donne pas une forte somme d’argent. Mieux ! Il nous donne son Fils, il nous donne sa Parole; il nous donne sa miséricorde et son pardon; il nous donne notre planète, notre ‘maison commune’; il nous donne… il se donne. C’est le premier temps de tout acte de confiance : confier.

‘Puis il partit’ : c’est le deuxième temps. Faire confiance implique de ne pas être sur le dos de celui à qui on confie notre bien. Faire confiance implique de le laisser seul, de le laisser agir et souvent autrement que nous. Faire confiance implique une prise de distance. Cela dure un certain temps. De fait, les deux premiers serviteurs font fructifier leurs talents; le troisième l’enterre. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas confiance : il a peur. Regarder la vision qu’il a de son maitre : son maitre est un homme dur qui récolte là où n’a pas semé. Avec une telle vision de son maître, comment pourrait-il ne pas avoir peur ? Quelle est notre vision de Dieu ? Nous donne-t-elle confiance pour faire fructifier les dons de Dieu selon nos capacités ?

Mais la confiance ne s’arrête pas là. Faire confiance à l’autre ce n’est pas être indifférent à son avenir et couper les ponts. Le maitre revient et demande des comptes à ses serviteurs. Les serviteurs sont responsables de leur gestion. La confiance induit la responsabilité. Chacun rend ses comptes.

Le 3e serviteur est jeté dans les ténèbres extérieures. La méfiance qu’il a vis-à-vis de son maitre, le rend incapable de vivre avec lui. Personne d’entre nous ne peut vivre avec quelqu’un dont il se méfie. L’exclusion de ce serviteur est la conséquence de son attitude.

‘Demeurez en moi, comme moi en vous, dit le Seigneur; celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit’. Demeurer, faire confiance à Dieu afin de porter du fruit, afin de bâtir avec lui son Royaume. Cette confiance est gratuite. Nous ne la méritons pas : Dieu, le premier nous la donne. Demandons la force de l’Esprit afin de la recevoir dans toutes les dimensions de notre vie. 

Bonne fête aux Albert.

 

 

P. Bruno Mary, curé de la paroisse St Eubert

 

 

 


 

Archive méditation du 8 novembre 2020

Espérer et veiller

 

 

 

Mes frères et sœurs dans la foi,

Les circonstances nous empêchent de célébrer ensemble l’eucharistie de ce dimanche. Cela n’est pas facile à vivre car nous avons besoin de communier avec le Christ mort et ressuscité, et avec nos frères et sœurs chrétiens. Leur présence nous manque. C’est pourquoi, je vous invite à vivre ce jeûne eucharistique en communion avec nos frères et sœurs les plus fragiles, les personnes malades et le personnel soignant. C’est dans cet acte de communion que notre jeûne peut prendre sens.

Nous sommes appelés à nous retrouver autrement dans la prière – prions les uns pour les autres – et dans l’écoute de la Parole (Sg 6, 12-16 ; Ps 62 ; 1 Th 4, 13-18 et Mt 25, 1-13).

Elle nous rappelle l’espérance qui nous anime depuis le matin de Pâques. Le Christ victorieux de la mort, nous ouvre un avenir en Dieu. Depuis ce jour, la maladie et la mort n’ont plus le dernier mot même si elles demeurent terriblement présentes à notre humanité. Nous sommes appelés à rencontrer Dieu par-delà la mort.

Cette espérance nous permet de veiller. Qu’est-ce que veiller ? Quand nous veillons sur des enfants, des personnes malades, nous sommes présents et prêts à intervenir pour répondre à leurs besoins. Nous sommes appelés à veiller quand Dieu nous appelle et nous appellera : quand il viendra. La difficulté est qu’il tarde. Les vierges de la parabole s’endorment toutes : ce n’est donc pas un problème. Elles se réveillent quand l’Epoux passe. Cependant, les unes ont de l’huile : les autres pas. Une huile qu’on ne peut se donner. Quelle est cette huile ? L’huile a des vertus médicinales : elle contribue à soigner, à prendre soin, à guérir. Le bon samaritain oint le corps de l’homme blessé par des bandits avec de l’huile (cf 10, 34). L’huile est ces actes de charité qui permettent à la foi d’être crédible et de briller comme la lumière. Ils sont faits par une personne (ou un groupe) et ne peuvent être partagés. La foi nous révèle que sans Dieu nous ne pouvons rien faire contrairement aux vierges folles qui croient pouvoir se passer de Dieu. C’est ainsi que baptisés, nous sommes appelés à devenir toujours davantage des lumières pour le monde.  

C’est ainsi qu’à la lumière de nos lampes, alimentées par la foi et la charité, nous sommes présents à Dieu qui passe dans nos vies. Nous le reconnaitrons et il nous reconnaîtra. Il nous fera entrer dans la salle de noces afin que nous puissions vivre pleinement de son amour.

Telle est notre espérance. ‘Mon âme a soif de toi, mon Dieu’ – Ps 62, 2 –

 

Dimanche 8 novembre 2020

P. Bruno Mary, curé de la paroisse St Eubert 

 

 

 


 

Pour accompagner musicalement notre médiation et le temps de l’Avent qui approche.

 

 

Cantate du Veilleur –  Wachet auf, ruft uns die Stimme

BWV 140 (JS Bach) Mvt 1 à 7

 

 

Mvt 1

Réveillez-vous, la voix nous appelle. Celle du veilleur en haut du rempart, Réveille-toi, cité de Jérusalem ! Cette heure est appelée minuit ; Ils nous appellent d’une voix claire : Où êtes-vous sages vierges debout, le fiancé arrive ; Levez-vous et prenez vos lampes ; Alléluia ! Préparez-vous Pour les noces, vous devez aller à sa rencontre.

 

Mvt 2

Il arrive, il arrive, Le fiancé arrive ! O filles de Sion, venez dehors, Il hâte son départ d’en haut Vers qui comme un la maison de votre mère. Le fiancé arrive, comme un chevreuil Et un jeune cerf Saute sur les collines Et vous apporte la fête du mariage. Réveillez-vous, levez-vous Pour embrasser le fiancé ; Là, regardez, il arrive par ici.

 

Mvt 3

Quand viens-tu, mon sauveur ? J’arrive, comme ta partie. J’attends avec l’huile brûlante. J’ouvre la salle Pour le repas céleste Viens, Jésus ! Viens, âme délicieuse !

 

Mvt 4


Sion entend le veilleur chanter, son cœur saute de joie en elle, elle s’éveille et se lève en hâte. Son ami arrive du ciel dans sa splendeur, Fort de miséricorde, puissant de vérité, sa lumière devient brillante, son étoile se lève. Viens maintenant, précieuse couronne, Seigneur Jésus, fils de Dieu ! Hosanna ! Nous suivons tous Jusqu’à la salle de joie et partageons le repas du soir.

 

Mvt 5

Aussi viens en moi, Toi, la fiancée que j’ai choisie pour moi ! Avec toi je me suis Fiancé pour toujours. Je te poserai sur mon cœur. Sur mon bras comme un sceau. Et pour réjouir tes yeux chagrinés. Oublie maintenant, ô âme, L’angoisse, le chagrin, Que tu as dû endurer ; Sur ma main gauche tu dois reposer. Et ma main droite veut t’embrasser.

 

Mvt 6

Mon ami est mien, Et je suis le tien, Rien ne séparera notre amour. Je veux paître sur les roses du ciel avec toi, Il y aura plein de joie, il y aura du bonheur.

 

Mvt 7

Que Gloria soit chanté pour toi avec des langues mortelles et des langues angéliques, avec des harpes et mêmes des cymbales. De douze perles sont faites les portes, dans ta ville nous sommes compagnons des anges autour de ton trône. Aucun œil n’a jamais perçu, aucune oreille n’a jamais entendu une telle joie. Donc nous sommes joyeux, hourra, hourra ! Éternellement in dulci jubilo.