Les méditations du Père Bruno Mary

 

 

6e dimanche de Pâques – 17 mai 2020

Témoins de l’espérance

 

 

Représentation du martyr de St Etienne – Eglise St Etienne, Lille

 

 

Depuis lundi, nous commençons le déconfinement. Il se fait progressivement. Nous mesurons toute la complexité de notre société. Nous réapprenons à vivre ensemble tout en tenant compte de la présence du virus. C’est dans ce contexte, que j’entends les paroles de l’apôtre Pierre: bien-aimés, soyez prêts à ‘rendre raison de l’espérance qui est en vous’. L’Apôtre nous rappelle notre identité de baptisé. Etre baptisé, c’est témoigner de notre espérance. Quelle est notre espérance ?

Notre espérance s’enracine dans l’événement de la victoire du Christ sur le mal et la mort au matin de Pâques. Espérer, c’est désirer ce pour quoi nous sommes sur terre : louer Dieu, l’aimer et trouver notre épanouissement en Dieu. Nous espérons participer à la victoire du Christ sur la mort et vivre pour toujours avec Dieu et nos frères. L’espérance nous permet d’assumer la durée car c’est un des défis majeurs de notre vie humaine et chrétienne. L’espérance nous permet de persévérer dans la foi et l’amour.

Elle est un don que Dieu nous fait. Comment continuer à l’accueillir et l’entretenir ?

En faisant mémoire des merveilles du Seigneur. Nous venons de le faire avec le psalmiste : ‘il changea la mer en terre ferme’. Allusion au passage de la Mer raconté dans le livre de l’Exode, chapitre 14. Notre Dieu nous libère : il nous fait passer de situations où nous ‘avons la tête sous l’eau’, où nous sommes perdus, au fait d’avoir pied, de sortir la tête de l’eau. Le récit des Actes des Apôtres, nous rappelle la conversion de Samaritains, ennemis jurés des Juifs et dont la conversion était jugée improbable par les disciples eux-mêmes. ‘Terre entière acclame Dieu, chante le Seigneur’.

Le psalmiste nous entraîne à acclamer Dieu car ces faits dépassent nos forces et ne sont pas de notre initiative. C’est pourquoi le Christ nous envoie un autre Défenseur c’est-à-dire quelqu’un qui prendra sa relève alors que ses proches ne le verront plus – ce qui est notre cas. Mais, pourquoi ce nom : Défenseur ? Ce nom évoque le combat. Lequel ? Le combat contre le mal. Actuellement, nous combattons le Covid 19. Mais il n’y a pas que lui : il y a l’injustice – le confinement nous a montré la diversité des situations humaines, avec ses injustices – l’idolâtrie qui se décline dans les addictions qui nous affligent… Combats qui furent ceux du Christ… Pendant sa vie publique le Christ a été le défenseur de ses disciples en les conseillant, les enseignant, les guidant, les envoyant en mission, munis de ses recommandations et de ses propres pouvoirs (cf Lc 10, 1). Ce combat se déroule à l’extérieur de nous mais aussi en nous-mêmes. St Paul écrivait : il y a le bien que je veux et que je ne fais pas, et le mal que je ne veux pas et que je fais (cf Rm 7, 15).

Nous sommes appelés à rendre raison de l’espérance qui est en nous (…) avec douceur et respect’ autrement dit avec et dans l’amour. Apprendre à aimer et à se laisser aimer est une lutte. L’amour n’est pas que sentiments, émotions. Il est engagement contre ce qui en nous et autour de nous, refuse d’aimer à la suite du Christ. Ce combat engage notre existence : il est vital. Nous le mènerons avec le Défenseur que le Christ nous envoie et avec nos frères afin de le gagner. ‘Rendre raison de l’espérance qui est en nous’ c’est mener ce combat de l’amour au nom du Christ qui a vaincu la haine et la mort. Les martyrs en sont les grands témoins.

Dans notre prière de ce dimanche, nous pouvons confier au Christ nos peurs, lui demander pardon pour toutes les fois où nous avons refusé de le suivre et lui rendre grâce pour la confiance qu’il nous manifeste et l’espérance qu’il nous donne.

 

 

P. Bruno Mary, curé de la paroisse St Eubert, Lille, 17 mai 2020

 

 

 

Un chant pour accompagner notre méditation du 17 mai :

 

 

1 – Si l’espérance t’a fait marcher plus loin que ta peur,( bis ) tu auras les yeux levés. Alors tu pourras tenir jusqu’au soleil de Dieu.
2 – Si la colère t’a fait crier justice pour tous,( bis ) tu auras le coeur blessé. Alors tu pourras lutter avec les opprimés.
3 – Si la faiblesse t’a fait tomber au bord du chemin, ( bis ) tu sauras ouvrir les bras. Alors tu pourras danser au rythme du pardon.
4 – Si l’Espérance t’a fait marcher plus loin que ta peur, ( bis ) tu auras les yeux levés. Alors tu pourras tenir jusqu’au soleil de Dieu.

 

 


5e dimanche de Pâques -10 mai 2020

 

 

 

Croire en Jésus, mort et ressuscité pour nous et notre salut

‘Que votre cœur ne soit pas bouleversé’ demande Jésus à ses disciples. Ils avaient pourtant de bonnes raisons de l’être. Les tensions entre Jésus et ses adversaires augmentaient et ils pressentaient que cela pourrait mal se terminer. L’inquiétude est là. Ils craignent l’avenir. La Passion n’est pas loin.

‘Que votre cœur ne soit pas bouleversé ’. Doivent-ils rester de marbre, insensibles à ce qui pourrait arriver à Jésus, leur maître et ami ? Non. Quand on écoute l’Evangile on découvre combien Jésus a de la sympathie pour la veuve épleurèe qui enterre son fils unique (cf Lc 7, 11-17), pour Marie et sa sœur Marthe suite au décès de Lazare (cf Jn 11, 33). 

‘Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.’ Jésus appelle ses disciples à passer d’un sentiment à une attitude : celle de croire et de croire non seulement en Dieu, mais en lui. Croire en lui qui part leur préparer une place à côté de Dieu son Père. Quelque temps auparavant, l’Evangile rapporte la demande de la mère des fils de Zébédée : ‘Ordonne que mes deux fils que voici siègent l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume’ – Mt 20, 21 –  Ailleurs : ‘une discussion survint entre les disciples pour savoir qui, parmi eux, était le plus grand.’ – Lc 9, 46 – Hommes nous sommes soucieux d’avoir la place qui nous revient et de la garder quand nous l’avons obtenue. Et voici que Jésus quitte ses disciples pour leur préparer la meilleure place qu’il soit : être auprès de son Père.

Pour cela, il leur demande de croire en lui car il est le Chemin, la Vérité et la Vie. Il est : ces réalités ne sont pas des idées, mais elles prennent la forme de son visage, de sa personne. Nous ne croyons pas en des idées ou des valeurs mais en une personne : croyez en moi, demande Jésus à ses disciples. Il est le chemin qui mène à la vérité et donne la vie plénière en Dieu son Père. Jésus affirme tout à la fois son égalité avec son Père et sa différence. Ces paroles nous révèlent le mystère de son identité.

Jésus demande à ses disciples de croire en lui. Ce n’est pas évident ni facile. Thomas bute sur une première difficulté : ‘Seigneur, nous ne savons pas où tu vas’. Croire c’est accepter de ne pas tout comprendre, de ne pas tout maitriser par nos connaissances,  même si nous avons à croire avec notre intelligence. Comment comprendre que ‘la pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle’ (1 P 2, 7) ?  Cela échappe à la seule intelligence. Philippe nous montre une deuxième difficulté : ‘Seigneur, montre nous le Père ; cela nous suffit.’ Nous voulons voir. Or, notre regard terrestre ne peut contenir Dieu. Nous sommes appelés à voir le Père dans son Fils qui nous le révèle. Nous avons à reconnaître Dieu dans nos frères les hommes même quand ceux-ci se disputent. Le récit des Actes des Apôtres nous montre que Dieu continue à guider son peuple afin qu’il trouve la solution (Ac 6, 3-5).

‘Que votre cœur ne soit pas bouleversé’ afin de participer au combat du Christ pour sauver tous les hommes. Croire n’est pas avoir une opinion mais c’est participer à l’oeuvre de Dieu et le Christ nous laisse sur cette promesse : celui qui croit en moi fera même des œuvres plus grandes.

Vivre Pâques, c’est accueillir dans la foi Jésus le crucifié ressuscité afin d’avoir part à sa résurrection et vivre auprès de Dieu avec nos frères les hommes.

‘Que ton amour Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en toi !’

P. Bruno Mary, curé de la paroisse St Eubert à Lille, ce 10 mai 2020

 

 

 

Un chant pour accompagner notre méditation du dimanche 10 mai

R. Maître, montre-nous le Père, Maître, où est le chemin ? Maître, montre-nous le Père,  Cela nous suffit.

1. Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie, Qui me voit, voit le Père,  Et qui me connaît, connaît aussi le Père  Et déjà vous l´avez vu !

2. Depuis si longtemps que je suis avec vous, Et vous ne croyez pas. Je suis dans le Père et le Père est en moi , Qui me voit, voit le Père !

3. Les paroles que je dis viennent du Père, Et le Père en moi demeure.Je suis dans le Père et le Père est en moi. Ayez foi en ses œuvres !

4. Qui croit en moi lui aussi accomplira Ce que j´ai accompli. Et vous ferez même de plus grandes œuvres,Car je vais vers le Père !

 


4e dimanche de Pâques – 3 mai 2020

Journée mondiale de prière pour les vocations

 

 

‘Christ, bon pasteur’ dans la catacombe de St Priscille à Rome

 

 

Bonne nouvelle de la vocation

Ce dimanche, l’Eglise nous invite à prier pour les vocations. 

Les vocations… Avant d’être un sujet de préoccupation, c’est d’abord une bonne nouvelle. Dieu continue d’appeler l’homme qu’elle que soit son histoire et même son âge. La vocation n’est pas réservée au début de la vie. Des événements nous invitent à choisir de nouveau notre conjoint, notre vie de religieux(se), de ministre ordonné. La vie humaine n’est donc pas un destin où tout est écrit d’avance et l’homme serait comme une marionnette. Pour les croyants que nous sommes, l’appel de Dieu transforme notre vie humaine en une histoire : celle de notre relation avec Dieu et avec nos frères. En nous appelant Dieu suscite notre liberté. Il nous laisse libre de lui répondre de telle ou telle manière. 

C’est ainsi que prier pour les vocations, c’est prier les uns pour les autres. Lors de notre baptême, nous avons reçu officiellement notre prénom. Par nos parents, Dieu nous donne un nom pour nous appeler.  Dieu appelle chacun d’entre nous à entrer dans son Alliance, à croire qu’il est ‘Dieu avec nous’, à l’aimer et à se laisser aimer de lui en aimant nos frères. Dieu nous appelle à devenir des saints, à son image et à sa ressemblance.

Pour les uns, se sera en se mariant et en fondant une famille. C’est ainsi que nous apprenons à aimer et à nous laisser aimer. Mariés, nous sommes appelés à reconnaître la présence de Dieu dans notre amour aussi imparfait soit-il. Nous sommes aussi appelés à témoigner que l’amour est possible et qu’il n’est pas systématiquement voué à l’échec. La résurrection du Christ en est un signe.

D’autres restent célibataires. Souvent, ils ne l’ont pas choisi et c’est pour eux une source de souffrances. Cependant, comme tout à chacun, ils sont aimés de Dieu. Un chemin de croissance humaine et spirituelle est possible pour eux. Ils sont appelés à donnés ce qu’ils sont pour le bien commun et ainsi grandir en sainteté. (cf Pape François, ‘Christus vivit’, 267)

Il y a des vocations plus particulières comme celles de religieux(ses), prêtres. Ils témoignent que l’amour de Dieu rend heureux et peut remplir une vie. Ils rappellent que nous sommes appelés à vivre au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. Ils nous disent que tout est grâce et ils donnent leur vie pour la croissance de l’Eglise et du Royaume. C’est une vocation au service missionnaire des autres (Pape François : ‘Christus vivit’, 253)

Dieu appelle tous et chacun. Il nous envoie son Fils pour nous aider à lui répondre. L’Evangile de ce dimanche (Jn 10, 1-10) le présente à la fois comme la porte et le berger. La porte ici est une porte ouverte : une porte ouverte sur le mystère de Dieu. Le Christ nous révèle Dieu comme étant notre Père. Une porte est un lieu de passage : en suivant le Christ dans sa Pâque, nous passons de la mort à la vie. Le Christ est un berger qui connait chacune de ses brebis et donne sa vie pour elles. Les brebis reconnaissent sa voix comme  l’on reconnait celle de l’être aimé. Un lien de tendresse unit le berger à ses brebis. 

Ecouter la voix du berger afin de s’ajuster à sa Parole et lui confier notre cause, notre vie. Il nous mènera au bon pâturage. Telle est notre vocation ultime : être saint c’est à dire participer à la sainteté de Dieu. C’est être bienheureux. Rendons grâce à Dieu qui nous donne une telle vocation !

P. Bruno Mary, curé de la paroisse St Eubert, ce 2 mai 2020

 

 

 

Un chant pour accompagner notre méditation du dimanche 3 mai.

 

Refrain : NOUS SOMMES LE CORPS DU CHRIST, CHACUN DE NOUS EST UN MEMBRE DE CE CORPS. CHACUN REÇOIT LA GRACE DE L’ESPRIT POUR LE BIEN DU CORPS ENTIER. (bis)

1. Dieu nous a tous appelés à tenir la même espérance, pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit. Dieu nous a tous appelés à la même sainteté, pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit.

2. Dieu nous a tous appelés à chanter sa libre louange, pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit. Dieu nous a tous appelés à l’union avec son Fils, pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit.

3. Dieu nous a tous appelés à la paix que donne sa grâce, pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit. Dieu nous a tous appelés sous la croix de Jésus Christ, pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit.

4. Dieu nous a tous appelés des ténèbres à sa lumière, pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit. Dieu nous a tous appelés à l’amour et au pardon, pour former un seul corps baptisé dans l’Esprit.

 


 

3e dimanche de Pâques – 26 avril 2020

 

 

Bonjour à tous,

J’espère que cette méditation vous trouve en bonne forme, vous et vos proches.

Reste avec nous

‘Nous qui espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël’. Ce récit des ‘pèlerins d’Emmaüs’ que nous donne la liturgie de la Parole de ce troisième dimanche de Pâques, nous met en présence d’hommes endeuillés et déçus. Endeuillés : ils ont perdu leur ami, Jésus, et dans quelles circonstances… Une des pires que notre humanité puisse connaître : procès sommaire et inique ; peine injuste, infâmante et scandaleuse. Cléophas et son compagnon s’en vont endeuillés à Emmaüs, tournant le dos à Jérusalem. Endeuillés et déçus. Déçus par leur réaction : ils pensaient peut-être, comme Pierre, pouvoir être fidèles à Jésus, rester avec lui jusqu’au bout. Et rien de cela : la peur les avait saisis et ils s’étaient enfuis, laissant leur ami seul face à ses accusateurs. Et puis, déçus par Jésus. Ils espéraient qu’il aurait vaincu ses ennemis… Ils espéraient que la souffrance et la mort ne l’auraient pas atteint… Ils pensaient qu’il aurait rétabli la royauté d’Israël avec force et puissance… Et rien de tout cela ne s’est produit. ‘Nous qui espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël’. 

Nous pourrions être ‘l’autre disciple’. Nous sommes peut-être à la fois tristes et déçus à l’image de ces disciples d’Emmaüs. Nous pensions que Dieu allait nous épargner des épreuves de la vie ou du moins les alléger. Nous n’expérimentons rien dans ce sens et nous nous heurtons souvent au silence de Dieu et à ce qui nous apparait comme une impuissance. Cette situation de confinement et les incertitudes de l’avenir nous pèsent.

Les disciples se laissent rejoindre par Jésus. Ils ne le reconnaissent pas et pourtant se confient à cet inconnu. Jésus les écoute. Puis il leur partage l’Ecriture. Leur cœur commence à se réchauffer. Leur histoire commence à prendre sens. 

Des paroles de Dieu peuvent éclairer nos questions, affermir notre foi, ouvrir une espérance. Mais, vous avez peut être au plus profond de vous-mêmes, une parole qui vous aide à tenir le coup : parole d’un parent, d’un conjoint… Parole de Dieu. Je me rappelle de cette question que Jésus adresse à Pierre après son reniement : ‘Pierre, m’aimes-tu ?’ (Jn 21, 15 et suivants) Cette question me relance et m’invite à me rappeler l’amour infini dont Dieu m’aime et à me donner à mon tour.

Parole qui nous fait demeurer dans notre humanité. Elle nous rappelle l’amour dont elle est aimée de Dieu et nous appelle à le recevoir dans toutes les dimensions de notre existence. Parole qui peut nous faire dire à la suite des disciples d’Emmaüs : reste avec nous. Reste avec nous car nous heureux en ta compagnie. Aller, tu resteras bien un peu avec nous, disons-nous à un ami que l’on veut retenir. Reste avec nous car les difficultés sont là, l’avenir nous semble sombre et nous avons besoin de toi. Reste avec nous car la solitude, l’absence physique des autres nous pèse.

‘Reste avec nous’. Cependant, ce dimanche une fois de plus, nous ne pourrons pas recevoir l’eucharistie. Nous communierons par désir en regardant la messe sur notre écran. 

‘Reste avec nous’. Faisons nôtre cette demande des disciples.

Seigneur, garde en nous ce désir de te rencontrer en vérité, de rencontrer nos frères les hommes qui nous manquent en ces jours afin que nous puissions vous  recevoir tous ensemble, toi et eux, à l’auberge de nos vies et poursuivre l’annonce de la Bonne Nouvelle à nos frères. 

‘Reste avec nous’. Nous sommes sûrs dans la foi que tu restes avec nous car tu es le Dieu fidèle éternellement. Bon dimanche. Bonne semaine.

 

P. Bruno Mary, curé de la paroisse St Eubert, 25 avril 2020

 

 

Un chant pour accompagner notre méditation du 3e dimanche de Pâques

 

1 – Reste avec nous, Seigneur Jésus, Toi, le convive d’Emmaüs ; Au long des veilles de la nuit, Ressuscité, tu nous conduis.

2 – Prenant le pain, tu l’as rompu, Alors nos yeux t’ont reconnu, Flambée furtive où notre cœur A pressenti le vrai bonheur.

3 – Le temps est court, nos jours s’en vont. Mais tu prépares ta maison, Tu donnes un sens à nos désirs, À nos labeurs un avenir.

4 – Toi le premier des pèlerins, L’étoile du dernier matin, Eveille en nous par ton amour L’immense espoir de ton retour.

 


 

2e dimanche de Pâques

 

enluminure d’Egbert, Tréves, 10e siècle

 

 

‘La paix soit avec vous !’

J’espère que vous allez le mieux possible ainsi que vos proches. La poursuite du confinement m’invite à continuer de vous partager mes méditations dominicales.

‘Les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées’. Ces paroles de l’Evangile retentissent de façon particulière aujourd’hui alors que nous sommes confinés non par peur des autres, quoique, suite aux consignes sanitaires nécessaires en ces temps d’épidémie. Nous sommes confinés, et cependant, comme pour les disciples, le Christ ressuscité vient nous rejoindre de façon inattendue. Il vient à nous. Il souhaite nous rencontrer.

Pourquoi ? Qu’a-t-il à nous dire ? Ecoutons le souhait qu’il leur adresse d’emblée : ‘La paix soit avec vous !’ Quand un évêque préside l’eucharistie, il reprend ce même souhait. Il est donc toujours d’actualité.

Les disciples ont besoin de paix car les jours de l’arrestation, de la passion et de la mort de Jésus furent très éprouvants. Physiquement : ils se sont cachés par crainte d’avoir le même sort. Moralement : ils ont abandonné leur Maitre et surtout leur Ami, lui qui les aima jusqu’au bout, jusqu’à leur donner sa vie. Ils ont peur et ils sont honteux. 

Ils ont besoin de paix pour retrouver la sérénité. Mais plus encore : ils ont besoin de cette paix dont la source est le pardon afin de continuer à vivre avec eux-mêmes, avec les autres et avec Dieu. Cette paix qui nous dit : par-delà vos peurs et vos abandons, Dieu reste fidèle à son alliance. 

Les disciples ont besoin de paix mais ils ont du mal à croire. Thomas nous rejoint dans notre difficulté à croire, dans nos doutes. Comment un mort, un mort enterré, peut-il vaincre la mort ? Comment après ce qu’ils ont fait, peuvent-ils être pardonnés ? Cela dépasse notre expérience et nos raisonnements. ‘Tout est grâce’ écrivait Bernanos en terminant le ‘Journal d’un curé de campagne’.  (La Pléiade, p. 1259)

Tout est grâce et cette grâce passe par le corps du Ressuscité. Jésus dit à Thomas : ‘avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant’. Thomas dit alors une très belle profession de foi : ‘mon Seigneur et mon Dieu’.  La foi en la résurrection a sa source dans la rencontre du Ressuscité. Croire en la résurrection, c’est reconnaitre dans le Crucifié, le Ressuscité. St Augustin écrit : Thomas ‘a touché l’homme, il a reconnu Dieu’. 

‘Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous’ dit St jean au début de son Evangile (Jn 1, 14) . Le mystère de la Résurrection est très lié à celui de l’Incarnation. Ne sommes-nous pas appelés à reconnaître le Ressuscité en nos frères, dans leur témoignage ? C’est ainsi que nous rencontrerons le Ressuscité dès maintenant et recevrons le merveilleux cadeau pascal qu’il nous fait : sa paix, son pardon. 

‘La paix soit avec vous !’

 

P. Bruno Mary, curé de la paroisse St Eubert, 18 avril 2020

 

 

Un chant pour accompagner notre médiation du 2e dimanche de Pâques. 

 

1 – Nous te chantons, ressuscité, Ton jour se lève sur l’humanité, Tu sors vainqueur de l’ombre des tombeaux, Soleil vivant des temps nouveaux.

2 – Tout l’univers remonte au jour, Capable enfin de t’appeler « Amour ». Un chant nouveau pour les enfants perdus : Le nom de Dieu nous est rendu.

3 – Tu as ouvert pour tous les tiens En grand la porte du très vieux jardin, Où Dieu convie les hommes pour la joie Sous l’arbre immense de ta Croix.

4 – Vous qui dormez, réveillez-vous, La nuit émet le signe de l’Époux. Il vient chercher le peuple des croyants, « Amen » de gloire au Dieu vivant.